Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures, il sera 2 heures : la France repasse à l'heure d'hiver. Vous disposez d'une heure de plus pour dormir, mais dès le dimanche soir, le soleil se couche vers 17 h 40 à Paris au lieu de 18 h 45 la veille. Pour celles et ceux qui marchent ou courent après le travail, la sortie bascule dans le noir. Voici comment caler votre sommeil et rester visible.
Changement d'heure 2026 : la date et ce qui bouge
Le passage à l'heure d'hiver a lieu chaque année le dernier dimanche d'octobre, dans tous les pays de l'Union européenne qui appliquent le changement d'heure. En 2026, ce dernier dimanche tombe le 25, soit la date la plus précoce possible, comme le rappellent Le Figaro et Ouest-France. Il n'y a ni décision nouvelle ni réforme derrière : c'est le calendrier.
Téléphones et montres connectées se règlent seuls. Certains appareils (four, voiture, montre ancienne) demandent un réglage manuel. L'heure d'été reviendra le dimanche 28 mars 2027.
Ce qui change vraiment pour votre sortie du soir, c'est la lumière. D'après les éphémérides publiées par Selectra, voici l'heure du coucher du soleil le dimanche 25 octobre :
| Ville | Coucher du soleil le 25 octobre (heure d'hiver) |
|---|---|
| Brest | 18 h 11 |
| Rennes | 18 h 00 |
| Paris | 17 h 42 (contre 18 h 44 la veille) |
| Marseille | 17 h 40 |
| Lyon | 17 h 38 |
| Lille | 17 h 36 |
| Nice | 17 h 32 |
| Strasbourg | 17 h 21 |
Et ça ne s'arrête pas là : les jours continuent de raccourcir jusqu'au solstice du 21 décembre. Selon votre ville, le footing de 18 h 30, encore en pleine lumière début octobre, se fait désormais au crépuscule puis carrément de nuit.
Sommeil : une heure gagnée, mais une horloge à recaler
Le passage à l'heure d'hiver est réputé plus facile à encaisser que celui de mars : le chronobiologiste Claude Gronfier (Inserm), cité par 20 Minutes, juge celui de mars plus compliqué pour l'organisme, puisqu'on y perd une heure de sommeil. Votre horloge interne doit tout de même se décaler. Selon l'Inserm, le synchroniseur le plus puissant est la lumière : une exposition le matin avance l'horloge, une exposition le soir la retarde. Les repas, l'activité physique et la température jouent aussi, plus modestement.
En pratique, quelques repères simples :
- Sortez à la lumière du jour le matin, dès le dimanche 25. Une marche ou un footing matinal fait double emploi.
- Gardez une heure de lever régulière, week-end compris : c'est l'un des premiers conseils du carnet du ministère de la Santé sur le sommeil.
- Limitez les écrans le soir : l'Inserm conseille de les couper au moins une heure avant le coucher, leur lumière riche en bleu retardant l'horloge.
- Évitez café et thé en fin de journée (le carnet ministériel fixe le repère à 16 heures).
Le plus souvent, le corps se recale en quelques jours. Si les troubles du sommeil s'installent au-delà, parlez-en à votre médecin.
Et le sport le soir, il empêche de dormir ?
Les conseils divergent un peu. Le carnet du ministère de la Santé recommande d'éviter l'exercice en soirée. Une méta-analyse de 23 études publiée en 2019 dans Sports Medicine (Stutz et al.) nuance : chez des adultes en bonne santé, une séance en soirée ne dégradait pas le sommeil, sauf quand un effort intense se terminait une heure ou moins avant le coucher : il pouvait alors retarder l'endormissement. Si vous dormez mal, placer le fractionné plus tôt dans la journée est une piste simple.
Marcher ou courir à la nuit tombée : pourquoi le risque grimpe
Les chiffres de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) sont parlants. Sur 2020-2024, le nombre d'accidents corporels de piétons en novembre est globalement un peu plus bas qu'en octobre (-3,8 %). Mais sur le créneau 17 h-19 h, il augmente de 34,9 %. L'ONISR y voit l'effet d'un éclairage naturel réduit à l'heure de pointe, le piéton étant difficilement perçu par les autres usagers, « bien qu'il puisse avoir l'impression d'être vu ».
Sur 2015-2024, 42 % de la mortalité annuelle des piétons se concentre sur les quatre mois d'octobre à janvier, selon l'ONISR.
L'ONISR raisonne sur les piétons en général, pas spécifiquement sur les coureurs. Mais un joggeur en collant noir sur le bord d'une départementale à 18 h fait exactement partie des usagers que les conducteurs voient mal.
Être vu : ce que dit la Sécurité routière
Lors d'un test de freinage d'urgence de nuit mené avec l'UTAC, la Sécurité routière a mesuré la distance à laquelle un conducteur repère un piéton dans ses phares : 28 mètres avec une tenue sombre, 44 mètres avec une tenue rétroréfléchissante. Pour un cycliste, 35 mètres contre 63 mètres (ministère de l'Intérieur).
Ce que cela donne pour une sortie de fin de journée :
- Du rétroréfléchissant plutôt que du simple « fluo » : brassard, bandes, gilet, éléments sur le sac ou les chaussures.
- Une lampe frontale ou un éclairage pour voir le sol, et un feu rouge clignotant à l'arrière si vous partagez la route.
- Des parcours éclairés : trottoirs, voies vertes équipées, pistes d'athlétisme ouvertes le soir.
- Un seul écouteur, ou aucun, pour entendre arriver un véhicule.
- Ne pas se fier à un regard échangé : avant de traverser, attendez que le véhicule ralentisse nettement.
Ce que dit le Code de la route
| Vous êtes… | La règle | Source |
|---|---|---|
| À pied ou en courant | Utiliser les trottoirs ou accotements praticables quand il y en a | Art. R412-34 |
| À pied ou en courant sur la chaussée, hors agglomération | Se tenir près du bord gauche, face aux véhicules, sauf si cela compromet votre sécurité ou circonstances particulières | Art. R412-36 |
| À pied, de nuit | Aucun gilet obligatoire, mais vêtements clairs et rétroréfléchissants vivement recommandés | Sécurité routière |
| À vélo hors agglomération, la nuit ou par mauvaise visibilité | Gilet haute visibilité obligatoire (conducteur et passager), plus feux avant et arrière | Service-Public.fr |
Et si vous changiez simplement d'horaire ?
C'est souvent la solution la plus simple. Le changement d'heure ramène la lumière le matin : à Paris, le soleil se lève vers 7 h 25 le 25 octobre, selon Selectra (et de plus en plus tard ensuite). La pause de midi garantit une sortie en plein jour. Le matin peut convenir aussi, à condition de partir après le lever du soleil : l'ONISR range les heures de pointe du matin (7 h-10 h) comme du soir (17 h-19 h) parmi les plus accidentogènes en hiver. Bonus : la lumière du jour aide l'horloge interne à se recaler.
Si vous cherchez une formule courte pour le matin, la marche japonaise 3-3 tient en une demi-heure. Pour un format plus long le week-end, la marche 6-6-6 se fait très bien en plein jour. Et si l'automne vous surprend sur un sentier, gardez en tête nos repères en cas d'orage en randonnée ou en trail.
Une dernière chose avant dimanche : vérifiez l'heure de votre montre GPS si elle ne se synchronise pas seule, et rechargez la frontale.
