Jean-Marc Furlan, 68 ans, l'entraîneur aux cinq montées en Ligue 1, est atteint depuis plusieurs années d'une maladie neurodégénérative. C'est son épouse, Cécile Traverse Furlan, qui l'a révélé dans un livre paru le 1er octobre. Elle y évoque une piste que plusieurs neurologues ont avancée : les commotions cérébrales accumulées pendant sa carrière de défenseur. Voici ce qui a été rendu public, ce qui reste inconnu, et ce que dit la recherche sur le football et le cerveau.

Ce que l'on sait de la maladie de Jean-Marc Furlan

L'information vient du livre Jean-Marc Furlan, le don d'une vie, publié aux éditions Amphora et préfacé par Raphaël Varane. Son autrice, l'épouse de l'ancien coach, y raconte les dernières années de sa carrière. L'Équipe en a publié des extraits, repris par Eurosport et la presse régionale.

D'après ces extraits :

  • la maladie dure depuis plusieurs années ;
  • elle touche notamment ses capacités cognitives et motrices ;
  • son épouse décrit des changements de comportement, avec plus de désinhibition et la perte de certains filtres ;
  • elle relie ce mal à son retrait du football. Depuis son départ du SM Caen en novembre 2023, Jean-Marc Furlan n'a plus dirigé d'équipe professionnelle.

« Les maladies expliquent sa disparition à bas bruit du monde du football depuis son licenciement du SM Caen. »
Cécile Traverse Furlan, extrait relayé par L'Équipe

Dans un autre passage, relayé par Tribune Nantaise, elle revient sur la période caennaise : « Franc et authentique, d'accord, mais je ne pouvais pas laisser les gens m'expliquer que ce qu'il se passait à Caen lui ressemblait. Plus du stress entrait en lui, plus il se lâchait. »

Ce que l'on ne sait pas. Le nom précis de la maladie n'apparaît pas dans les extraits publiés. Le lien avec les chocs à la tête reste lui aussi une hypothèse : selon le site Olympique-et-Lyonnais, c'est une équipe de neurologues qui l'a avancée. L'Équipe évoque aussi l'intensité de sa carrière d'entraîneur. Nous nous en tenons à ce qui a été rendu public par la famille.

Jean-Marc Furlan, un défenseur devenu « monsieur montée »

Né le 20 novembre 1957 à Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde, Jean-Marc Furlan est formé aux Girondins de Bordeaux. Il joue ensuite défenseur central de 1976 à 1992, soit 466 matchs, notamment à Montpellier, Laval, Lyon, Tours, Bastia et Lens. À l'OL, entre 1980 et 1982, il dispute 82 matchs.

Sur le banc, il se forge une réputation d'entraîneur offensif et détient le record des montées de Ligue 2 en Ligue 1 : cinq au total.

RepèreCe qu'il faut retenir
Âge68 ans (né le 20 novembre 1957)
Carrière de joueurDéfenseur central, 1976-1992, 466 matchs
Montées en Ligue 1Troyes (2005, 2012, 2015), Brest (2019), Auxerre (2022)
Dernier clubSM Caen, de juin à novembre 2023
Le livreJean-Marc Furlan, le don d'une vie (Amphora, 1er octobre), préface de Raphaël Varane
La maladieNeurodégénérative, nom non précisé dans les extraits cités ; piste des commotions avancée par des neurologues

À l'OL, son nom croise celui de Bernard Lacombe, mort en juin 2025 après avoir lutté contre la maladie d'Alzheimer. Rien ne permet d'affirmer que Jean-Marc Furlan est atteint de la maladie d'Alzheimer.

Football et maladies neurodégénératives : ce que dit la science

L'étude FIELD, menée par l'université de Glasgow, fait référence. Les chercheurs ont comparé les causes de décès de 7 676 anciens footballeurs professionnels écossais à celles de plus de 23 000 personnes de la population générale. Résultats publiés en 2019 dans le New England Journal of Medicine :

  • un taux de décès par maladie neurodégénérative environ 3,5 fois plus élevé qu'attendu ;
  • environ 5 fois plus pour la maladie d'Alzheimer, 4 fois plus pour les maladies du motoneurone, 2 fois plus pour Parkinson.

Un deuxième volet, publié en 2021 dans JAMA Neurology, a affiné le constat selon le poste et la durée de carrière (communiqué de l'université de Glasgow) :

  • chez les gardiens, le risque est proche de celui de la population générale ;
  • chez les joueurs de champ, il est presque 4 fois plus élevé qu'attendu ;
  • il culmine chez les défenseurs, à environ 5 fois ;
  • il augmente avec la longueur de la carrière, d'environ deux fois pour les plus courtes à environ cinq fois pour les plus longues.

Pour le neuropathologiste Willie Stewart, qui dirige ces travaux, l'exposition aux chocs et aux impacts à la tête ressort comme le principal facteur de risque, et il plaide pour réduire les impacts inutiles. Une nuance importante : ces études montrent une association statistique à l'échelle d'une population. Elles ne permettent pas d'expliquer un cas individuel, celui de Jean-Marc Furlan compris. Et elles portent sur des joueurs dont la carrière s'étend des années 1930 à la fin des années 1990.

Commotion cérébrale : les bons réflexes, du club pro au foot du dimanche

Si vous jouez, entraînez ou accompagnez un enfant au foot (ou dans n'importe quel sport de contact), les consignes de la Fédération française de football pour le football amateur tiennent en quelques points :

  1. En cas de doute, le joueur sort, et c'est définitif. Celui qui est commotionné ne s'en rend souvent pas compte lui-même.
  2. Signes d'alerte à repérer : maux de tête, vertiges, troubles de l'équilibre, vision double, nausées ou vomissements, confusion, trous de mémoire, comportement inhabituel (agitation, agressivité), regard vide.
  3. Appel immédiat du 15 ou du 18 si un seul de ces signes apparaît : perte de connaissance, confusion ou somnolence qui augmente, changement de l'état mental (agitation, agressivité), douleur au cou, maux de tête sévères ou qui s'intensifient, vomissements répétés, faiblesse, picotements ou brûlure dans un bras ou une jambe, convulsions, perte de la vue ou vision double, suspicion de fracture du crâne. Dans ce cas, on n'attend pas la consultation.
  4. Les symptômes peuvent apparaître jusqu'à trois jours après le choc. Le joueur ne reste pas seul, ne conduit pas et ne boit pas d'alcool.
  5. Consulter un médecin dans les 72 heures et ne pas reprendre le sport sans son feu vert. La reprise se fait par paliers, plus lentement chez les amateurs et encore plus chez les mineurs.

Ces repères ne remplacent pas un avis médical. Et si un proche, ancien sportif ou non, présente des troubles de la mémoire ou un changement de comportement qui s'installe, parlez-en à son médecin traitant.

En rendant publique la maladie de son mari, Cécile Traverse Furlan remet sur la table les recherches sur les impacts à la tête dans le football, sans que leur rôle dans la maladie de Jean-Marc Furlan soit établi.